Thierry Ungaro, CEO Ad Valoris et Nicolas Fleury, secrétaire général adjoint ISO
27 mai 2021

Well Being, de l’expérience collective à l’éveil individuel

Nicolas Fleury, secrétaire général adjoint et responsable des opérations de l’organisation internationale de normalisation ISO à Genève, ne pouvait imaginer qu’en initiant un programme de Well Being, il serait lui-même amené à s’interroger au-delà de ses prérogatives professionnelles. Nous le remercions chaleureusement de son témoignage lors d’une interview croisée avec Thierry Ungaro, CEO d’Ad Valoris et expert en intelligence organisationnelle.

Comment est née l’idée de la démarche Well Being au sein d’ISO Genève ?
Nicolas Fleury. Il y a environ six ans de cela, notre entreprise a traversé une période difficile marquée par des arrêts de travail prolongés et des cas de burnout. La loi suisse exige des organisations qu’elles maîtrisent les phénomènes de stress et leurs conséquences sur la santé. Nous avons engagé notre réflexion sur un dispositif favorisant la prise de conscience individuelle et permettant de se « libérer » sans recours hiérarchique, grâce à des outils immédiatement disponibles au sein de l’entreprise.

Quelles mesures concrètes avez-vous mises en place ?
N.F. Je suis parti d’une question de bon sens : comment offrir à chacun la capacité de s’épanouir ?
Visant une réponse holistique, j’ai pris la décision de mettre à l’épreuve mon propre organisme, en faisant appel à un cabinet de coaching de haut niveau, spécialisé dans la performance physique et mentale, notamment des pilotes de F1. J’ai pu explorer de nombreuses disciplines intervenant sur le potentiel humain, tel que la méditation, la science du sommeil, les cycles de vitalité, la conscience, la biomécanique et la gestion de l’effort.
Au terme de cette expérience particulièrement exigeante, nous avons pu concevoir un dispositif Well Being couvrant le plus large champ possible de solutions individuelles. Partant d’un symbole fort avec la création de l’espace « ISO Lounge » dédié à la relaxation et la récupération, nous avons déployé des outils individuels et collectifs, notamment des séminaires consacrés à la méditation et à la nutrition, et des consultations de coaching individuel et de psychologie. Encourageant les activités sportives et culturelles, nous avons rompu avec les contraintes du temps de présence ordinaire, au profit de formats offrant plus de souplesse. Enfin, nous avons renforcé nos liens avec les services sociaux et facilité leur approche par les employés.

Le Well Being ne remet-il pas en cause implicitement l’organisation générale de l’entreprise ?
Thierry Ungaro. Il en va de l’entreprise comme de la nature humaine : le bon fonctionnement de l’ensemble ne peut s’envisager que dans l’interaction harmonieuse des parties. Notre travail de fond sur cette question a donné naissance à HOLISTIS, une méthode propriétaire agissant sur 4 leviers de performance : la structure organisationnelle, les processus, les compétences et les outils.
Dans les missions que nous menons, une dimension non maîtrisable par les processus, car liée au niveau d’engagement individuel, vient souvent s’ajouter aux variables de la performance. Dans ce cas, la solution réside dans l’amélioration des conditions de travail. En cela, les démarches de type Well Being sont très efficaces : elles réaniment une motivation commune, des gestes altruistes, l’ouverture au changement et augmentent la productivité globale. L’entreprise est donc bien un organe vivant dont la rentabilité provient de la somme harmonieuse des parties.

Selon vous, pourquoi notre environnement numérique pourtant facilitateur à l’extrême ne résout-il pas le problème du stress au travail ?
T.U. Un peu partout dans le monde, nos fonctionnements sont restés figés sur le système taylorien des débuts de l’ère industrielle, caractérisé par la performance aveugle, la mécanisation et un paternalisme hiérarchique broyeur de conscience. Nous ne sortons que progressivement de cette logique au profit d’un management de partage propice à la créativité, à la liberté et au sens.
La technologie numérique, avec ses formidables accélérations, remet en question, et les hommes et les fonctions, avec la nécessité de se former et d’adopter rapidement de nouveaux outils. Tout le monde n’est pas prêt à cela, qui plus est dans l’urgence comme cela a été le cas avec la crise sanitaire. Le télétravail imposé par les mesures de distanciation a tout à coup accrût les champs décisionnels individuels, ce qui est une source de difficultés potentielles pour certains collaborateurs. Notre économie numérique, si elle fournit en effet d’extraordinaires moyens technologiques, accentue certains clivages. Les entreprises doivent être attentives à cela et faciliter les transitions par des plans de formation de qualité.

Comment avez-vous pu évaluer la réussite de votre dispositif de Well Being ?
N.F. On sait que l’engagement social des entreprises agit positivement sur le climat de travail ; des collaborateurs sereins gagnent en motivation, libèrent leur créativité, relèvent plus volontiers les challenges et sont plus coopératifs. Nous savons également que le bien-être au travail permet de réduire l’absentéisme, améliore la disponibilité et augmente les niveaux de performance générale. Pour l’entreprise, cela se traduit non seulement par une meilleure rentabilité, mais aussi par un gain d’image précieux et une plus grande attractivité dans l’espace concurrentiel. Ce sont précisément les résultats constatés au sein de l’ISO, après la mise en œuvre de notre démarche Well Being.

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